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Kinshasa, RDC

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Des femmes qui militent pour le respect de droits des femmes et contre les violences conjugales, c’est très courant en RDC. Elles sont fortes et battantes et se surpassent parfois, étant elles-mêmes victimes de ce qu’elles combattent. Malheureusement, elles adoptent la langue de bois. Entre un mariage visible et un divorce pénible, elles ont une préférence.

Madeleine Mambu (nom d’emprunt) est épouse et mère de famille. Un jour, alors qu’elle s’apprête à honorer une invitation avec son conjoint, cette femme commet l’imprudence d’envoyer ses filles et fils en avance. Monsieur ne le digère pas, la situation, semble-t-il, indispose les couples amis présents à la cérémonie. Le chemin de retour est dénué de toute ambiance conviviale, le mari fait de siennes jusqu’au point où les filles remarquent la bizarrerie. Un silence de mort caractérise le parcours entre la 13ème, lieu de la fête, et la 8ème rue où réside la famille (environ 1Km).

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Le début du calvaire

La situation dégénère dès que le couple franchit le seuil de la chambre. Monsieur se rue sur Madame, cette dernière s’en sort avec des dégâts significatifs: visage tuméfié, arcade sourcilière fendue et cicatrice très visible jusqu’à ce jour.

La violence employée pourrait faire croire à une bagarre entre hommes et pourtant, c’était un homme et une femme, de surcroît un couple qui s’est promis protection mutuelle. Mado défigurée et murs de la chambre ensanglantés, l’intervention des voisins sera salutaire pour tirer la proie des griffes de son bourreau.

Une défenseuse de droits des femmes silencieuse

Dans ses rêves les plus folles, Mado n’a jamais imaginé se retrouver du côté de celles qu’elle défend. Membre de plusieurs structures de défense des droits des femmes, Mado n’a pas pu défendre ses propres droits. Une manière d’étayer la thèse que la maison du menuisier est mal meublée?

Loin s’en faut car il s’agit là de la vie d’une femme et rien ne saurait justifier quelle que forme de violences que ce soit. Mado, terrifiée, a tenté de divorcer, ses parents l’ont convaincu du contraire. Le mariage ne tient plus qu’aux apparences. Cette femme se réveille chaque jour aux côtés de son agresseur. Comme qui dirait en lingala «Tofanda to bokola bana» (traduisez, restons ensemble juste pour élever les enfants).

Le temps est le meilleur médecin, il a su traiter cette plaie mais a été incapable de réparer l’arcade sourcilière fendue. Se regarder à travers un miroir est pour elle comme remuer le couteau dans la plaie. Seul moyen de surmonter son mal, en parler autour d’elle.

«Se confier aux tierces est primordial pour le réconfort moral aussi l’assistance juridique», explique-t-elle.

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Que dit la loi en RDC

En RDC, certaines ethnies trouvent normal qu’un mari batte sa femme. Le mutisme de la loi n’aide pas à casser cette manie. En effet, aucune législation spécifique ne réprimande exactement les violences conjugales comme voulu par les activistes des droits des femmes.

Conseiller juridique au sein d’une entreprise, Ariel Mubiala regrette cette réalité. «L’évolution législative est encore embryonnaire en ce qui concerne les violences conjugales. Il n’y a pas vraiment des règles édictées tendant à réduire ou à combattre ce type de violence», fustige ce juriste de formation. Me Ariel Mubiala précise cependant que «certaines règles de droit commun de manière générale protègent les citoyens». Parmi celles-ci, il y a notamment le Code pénal qui protège contre les coups et blessures et qui peut être étendue dans le cas d’un ménage.

«Mais de manière plus spécifique, il n’y a pas de réglementation», argue-t-il.

Pour sa part, la ministre d’Etat en charge du Genre, famille et enfant, Béatrice Lomeya, a reconnu lors de la publication du thème national de la Journée internationale de la femme  que plusieurs femmes sont victimes des violences conjugales, d’autres en meurent dans le silence.

Aux activistes des droits des femmes de poursuivre le combat, de mener un plaidoyer fort, afin que tout acte de violences conjugales soit puni. Aussi, ces derniers devront prêcher par l’exemple, que ce soit les hommes ou les femmes.

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Lynn Mazianda est une Journaliste-Blogueuse oeuvrant à Kinshasa depuis 2017. Elle est intéressée par les questions liées à la Santé de la femme, la société et les NTIC

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