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Kinshasa, RDC

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30 Juin 1960, 30 Juin 2020 soit jour pour jour : 60 ans, 21 915 jours, 525 960 heures, 31 557 600 minutes se sont écoulés depuis notre accession à l’indépendance.

A cette même période, près d’une dizaine d’états africains accédèrent eux aussi à leurs indépendances.
S’inscrivant dans la droite ligne des penseurs panafricanistes, aujourd’hui encore, le questionnement autour de l’indépendance des pays africains persistent.

Quel est notre modèle de développement économique par exemple ? Ce modèle correspond-t-il à notre histoire ? À nos atouts ? À nos attentes ? À nos traditions ? À nos cultures ? Ou tout simplement à nous, à notre type d’homme !

Tout comme Joseph Ki-zerbo, je me suis questionnée :
Qui sommes-nous ? Quel genre de citoyen sommes-nous ? Quel type d’état avons-nous ? Quel type d’état voulons-nous avoir ?

A ce qu’il parait, la RDC est bien trop grande pour être indépendante !
On laisse entrevoir l’idée selon laquelle, «  pour nous consoler », notre pays serait un scandale géologique, allusion faite à sa position géostratégique : à cheval entre le centre et sud, avec des écosystèmes variés, 3 ème plus grand pays d’Afrique avec une superficie de 2 345 000 km carré, (80 fois la Belgique), possédant la deuxième grande foret du monde, une faune unique, une flore diversifiée, un sous-sol riche et convoité ;

Ce qui d’ailleurs plaçait en 2019, la RDC 1er producteur du cobalt, mais à quel prix ?

Paradoxalement à cette situation, la réalité dans notre société est telle que :

77 % de la population vit avec moins d’1 dollars par jour, un accès limité à l’emploi,
Une justice partiale et dépendante des autres pouvoirs,
Des services publics pléthoriques, déficients, corrompus, lents et peu compétents,
Des fonctionnaires recrutés sur base des relations amicales, claniques, tribales et partisanes,
Une administration qui ne cultive pas le sens de la propreté et du respect du bien public ;
Un faible taux de scolarisation d’enfants, pour ceux qui ont pu accéder à l’école, le taux de rétention globale est inférieur à 50 %,une forte dépendance de l’économie aux produits miniers, l’exposant aux fluctuations des cours mondiaux ; et la cerise sur le gâteau : la RDC classée 184 è sur 190 pays dans le rapport doing busness de 2019.

Pour ma part, je suis partagée entre l’afro-optimiste que je suis et l’affro-realisme qui me hante.
Loin de moi l’intention de dénigrer les luttes et les victoires de nos pères.
L’indépendance est une condition pour une nation, un pays, un état ; dans lequel les résidents et la population exercent l’auto-gouvernance et habituellement une souveraineté totale sur le territoire ; cependant, cette souveraineté, qu’elle soit politique ou économique commence par une prise de conscience de ses propres responsabilités envers son peuple et envers les générations futures. La pauvreté matérielle et spirituelle a créé la dépendance de nos communautés.

Pour cette raison, la croissance économique et le développement doivent inévitablement passer par une dépollution des esprits et par une révolution culturelle. Le manque d’intérêt pour nos traditions, notre ignorance des grands enjeux ainsi que notre complexe d’infériorité vis-à-vis des cultures étrangères créent et entretiennent notre insouciance et notre dépendance.

Permettez-moi de le dire,
Sans notre prise de conscience collective, sans notre désaliénation spirituelle et mentale, la RDC comme la plupart des pays africains seront une fois de plus colonisés, nous ne parlerons pas de « colonisation », mais nous allons vivre, si pas on y vit déjà dans une sorte de « néo-colonialisme ».
L’état devra sérieusement s’organiser pour créer des emplois et assurer la sécurité de ses citoyens, il ne s’agit pas des choses « avec lesquelles nous négocions », il s’agit des choses doivent être faites.

Notre tissu économique repose sur des économies de rente, de survie. L’informel a permis aux communautés de vivre, pendant ce temps, où sont nos leaders ? Dans les assemblées législatives, certes ; mais avec quel cahier de charge ? Quelles priorités ?
Nous nous bomberons le torse une fois de plus pour clamer et revendiquer notre indépendance en ce jour.

Nos leaders doivent prendre conscience et rattraper le retard de notre pays. Quels sont nos priorités ?
On est occupé à revendiquer la hausse des émoluments de nos députés, pendant ce temps ? Le peuple vit et croupit dans la misère.

Le futur d’hier est notre présent d’aujourd’hui, et le futur dans lequel nous nous projetons aujourd’hui sera demain notre présent. Cela revient à dire que le futur qui n’est pas réellement loin du présent mérite d’être préparé afin que nous soyons prêts lorsque nous y arriverons.

Les hommes sont souvent surpris parce qu’ils s’intéressent pas à la prospective, parce qu’ils n’anticipent pas les évènements, et c’est le rôle d’un leader clairvoyant de préparer son peuple aux éventements à venir.
N’oublions pas, le temps ne change pas les choses, c’est plutôt l’action dans le temps qui change les choses. Il fait beau où l’on va.

 

texte de Tracy Ntumba

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Lynn Mazianda est une Journaliste-Blogueuse oeuvrant à Kinshasa depuis 2017. Elle est intéressée par les questions liées à la Santé de la femme, la société et les NTIC

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