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Kinshasa, RDC

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Beaucoup de cas de violences sexuelles demeurent non dit à Kinshasa comme en RDC par peur et par obligation de se taire même si les rêves sont brisés. Falonne Mambu, victime de viol à trois reprises, aujourd’hui leader nous partage son vécu .

Une histoire qui perce le cœur
Petite fille de 13 ans, j’ai été violée pour la première fois par trois jeunes garçons amis à mon cousin car à l’époque je vivais chez ma tante. Mon père n’a pas voulu de moi juste à ma naissance et ma mère est morte quand j’avais une année.

Tout s’est passé quand ma tante était au marché. Un d’eux m’a demandée de lui trouver une chaise ,me retournant d’un coup, il me saisit et les deux autres arrivent. Ils s’abusent de moi et m’abandonnent presque morte. Je suis restée dans l’inconscience pendant 3 mois. À mon réveil, je n’arrivais pas à expliquer ce qui c’était passé. J’étais désespérée et ma tante était très touchée.
Je pensais que ce cauchemar s’arrêtait, je me suis trompée. C’était le début de mon enfer bien que passager.

Photo d’illustration

Plusieurs problèmes ont secoué ma famille au point d’arrêter mes études et je me suis retrouvée dans la rue sans logement. Lors de ma première nuit avec les autres enfants de la rue, c’est leur leader qui m’a pris de force et m’a violée juste pour dire, c’était un accueil, un baptême d’arriver.

Je n’en pouvais plus et j’ai rencontré mon père après cette étape de ma vie. Mon père me demande d’aller chez sa sœur au Congo Brazzaville pour tout oublier. Un troisième cauchemar débute.

Là c’est le mari de ma tante qui après plusieurs périodes de résistance, s’est abusé de moi à nouveau. Qu’ai-je fais au bon Dieu pour vivre ça? Déçue, désespérée, affectée, je me suis confiée à ma tante qui me demande de garder silence dans le but de préserver la réputation de son époux. Je décide d’obtempérer mais je n’en peux pas. Je suis rentrée chez mon père et je lui ai tout raconté. Il était une partie de ma souffrance car il m’avait rejetée de mon enfance.

Ce secret me ronge de l’intérieur.

Un tableau conçu par Falonne Mambu

Ma guérison trouvée grâce à la peinture.
J’ai rencontré un jour un homme qui est devenu mon encadreur. Il voyait en moi de la tristesse et m’a convaincue de dire ce qui me ronge le cœur. C’était le début de ma guérison. Je parlais tout en frappant celui qui m’écoutait. Une manière pour moi de sortir ce qui est au fond de mon cœur.

La peinture est ma thérapie.
Je peins les femmes toutes nues pour dire au monde que la nudité est un tabou, un manque du respect dans notre société mais cette même nudité est déstabilisée. À travers mes oeuvres, je vois une femme qui souffre et je dis non à la violence faite à la femme.

Je fais aussi la performance dans les rues de Kinshasa pour passer un message et lutter contre les violences faites à la femme.

Falonne Mambu lors de sa performance dans un coin de Kinshasa

J’ai donc depuis 2017, décidé de briser ce silence. A travers mes tableaux, j’encourage les femmes à dénoncer ce mal.

Fin de l’histoire
Falonne s’est ainsi décidée à aller vers celles qui souffrent et qui ont vécu une telle histoire pour les aider à se tenir à nouveau débout. Et à tous, elle nous invite à mener les actions contres les violences basées sur le genre vécues dans nos milieux professionnels, religieux, académiques et autres.faoonne

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Lynn Mazianda est une Journaliste-Blogueuse oeuvrant à Kinshasa depuis 2017. Elle est intéressée par les questions liées à la Santé de la femme, la société et les NTIC

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