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Le jeune entrepreneur Cléo Mikobi, CEO de Mbisi Moloni, est un environnementaliste de formation spécialisé en agriculture et élevage durables. Au cours d’un entretien qu’il a accordé samedi 13 juin 2020 à La Samba News, Cléo Mikobi a indiqué que son pays, la République démocratique du Congo est toujours accro à une production traditionnelle et à l’importation de denrées alimentaires. Et, il faudra regarder ce qui se fait ailleurs enfin de rentabiliser la production. (Interview).
La Samba News : C’est vrai qu’on parle peu d’aquaponie en République démocratique du Congo. Quel état de lieu faites-vous de cette production en RDC?
Cléo Mikobi : Notre pays est toujours accro à une production traditionnelle et à l’importation, chez nous on ne valorise pas trop la production locale. Ce qui n’est pas bien pour le développement de la technologie au niveau de l’agriculture. Mais seulement, il faudra qu’on essaie de regarder ce qui se fait ailleurs enfin de rentabiliser les productions notamment en agriculture et aussi en élevage. L’aquaponie est une combinaison de deux mots, Aqua de aquaculture (élevage de poissons ou autres organismes aquatiques) et Ponie de Hydroponie (culture de légumes sans le sol), donc l’aquaponie est le mariage de la pisciculture et l’agriculture hors sol.
Dans le domaine de l’aquaponie en République démocratique du Congo (RDC) je suis presque le pionnier. Je suis entrain d’expérimenter cette technique depuis 2017. Aujourd’hui j’évolue petit à petit mais je crois qu’avec le temps, j’aurai le temps de former aussi d’autres jeunes afin de pouvoir rentabiliser cette technique au niveau de notre pays mais aussi au niveau des pays voisins. Il y a pas mal des pays voisins qui s’annoncent déjà bien pour répondre à l’expérimentation dans leurs territoires.
La Samba News : Pouvez-vous nous parler de votre projet Mbisi Moloni ?
Cléo Mikobi : Mbisi Moloni c’est une marque locale se rapporte rapporte notamment à l’aquaponie. Mbisi qui signifie poisson et Moloni qui veut dire cultivateur. C’est-à-dire que le poisson cultive à la place de l’homme. Mbisi Moloni se développe petit à petit. Nous sommes placés en Startup pour ne pas dépendre de financement.
La Samba News : Pouvez-vous nous parler de la rentabilité du maraîchage en aquaponie par rapport à un substrat comme le sol?
Cléo Mikobi : Le système aquaponie produit trois fois plus que sur le sol. Il y n’a pas une compétition entre légumes semés et la mauvaise herbe comme sur le sol, tout est capitalisé, rien ne se perd, tout se transforme ici, donc la loi de Lavoisier en application. Ici, il faut savoir qu’on utilise pas les engrais et les pesticides chimiques, sinon cela tuerait les poissons et les bactéries du filtre, donc nous produisons du bio. On arrose pas, on ne fait pas les travaux de déserbage, les travaux de champ, on dépose tout simplement la plante et on croise le bras jusqu’à la récolte, le seul exercice et d’ailleurs un divertissement, c’est nourrir les poissons.
La Samba News : Quels conseils pouvez-vous donner à quelqu’un qui veut se lancer dans la maraîchage en aquaponie, il faut qu’il fasse quoi?
Cléo Mikobi : Si nous restons borner à ce qui se passe dans notre pays, nous ne saurons pas rentabiliser la production. Je demanderai à d’autres jeunes d’essayer de voir ce qui se passe ailleurs et pouvoir l’adapter dans notre pays. Non seulement dans l’aquaponie ou l’élevage, mais aussi dans d’autres domaines. Aujourd’hui, j’ai l’impression les jeunes écrivent les mémoires, travaux de fin d’études et autres pour avoir le diplôme, ce qui est regrettable. Il faut le faire afin de pouvoir les transformer un jour en entreprise ou en Startup et non classer dans les oubliettes.
La Samba News : Pour finir cet entretien, pouvez-vous nous parler de vos projets personnels et professionnels dans les mois et années à venir ?
Cléo Mikobi : Je suis enseignant aux humanités et formateur. Ce que je fais c’est d’abord pour l’amour de la science. J’ai appris à expérimenter à l’université et j’ai osé, ça marche, ça évolue en même temps. Notre perspective c’est de pouvoir développer une très grande ferme urbaine au niveau de notre ville afin de pouvoir nourrir la population des produits seins et propre. Non seulement pour leur propre santé mais aussi pour l’environnement de production.
Nous pensons aussi diversifier les productions notamment nous lancer dans la production de champignons en Aquaponie et étendre ce projet dans les autres provinces de la RDC.
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Lynn Mazianda est une Journaliste-Blogueuse oeuvrant à Kinshasa depuis 2017. Elle est intéressée par les questions liées à la Santé de la femme, la société et les NTIC

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